Jean Jacques Muyembe: une vie consacrée à lutte contre Ebola (Portrait).

Daddy Nyembwe 14-08 à 2:32 Dreamers Africans

Jean-Jacques Muyembe est un Congolais (RDC), docteur en médecine de l’Université de Lovanium, agrégé de l’enseignement supérieur en médecine (virologie), doyen honoraire de la Faculté de médecine de Kinshasa et directeur général de l’Institut national de Recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa. Après avoir découvert en RDC (Avec Peter Piot) et étudié le virus Ebola pendant plus de cinquante ans, le Dr Jean Jacques Muyembe et son équipe ont annoncé la découverte de deux molécules de traitement qui se sont révélées efficaces pour soigner 90% des patients atteints du virus Ebola lorsque les symptômes sont signalés à temps.

Le docteur Muyembe a qualifié ce nouveau traitement de "réalisation d'une vie". Il s'agit d'un traitement curatif et non préventif, développé au sein de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa, dont il est le directeur général.

Une vie consacrée au virus

Jean-Jacques Muyembe Tamfun a consacré les quatre dernières décennies à la recherche sur la maladie à virus Ebola. Il a travaillé dans l’équipe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ayant appliqué les mesures de détection et de lutte pour la première flambée urbaine documentée d’Ebola, à Kikwit, en 1995, en République démocratique du Congo. a présidé plusieurs comités internationaux pour la lutte contre les flambées d’Ebola.

Il a travaillé à l’Institut Pasteur de Dakar (Sénégal) en 1981 et aux Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique, aussi en 1981, dans la section des agents pathogènes spéciaux pour étudier les virus Ebola et Marburg.

Dans une interview accordée à l'organe de presse de l'OMS, le Docteur explique l'origine de son interet pour la lutte contre le virus.

"En 1976, il y a eu une flambée d’une maladie mystérieuse dans une mission catholique dirigée par des religieuses belges à Yambuku, dans le nord du pays. Le Ministre de la santé m’a envoyé avec le Dr K. Omombo pour examiner la situation. Yambuku était un village isolé dans la forêt et, quand je suis arrivé, le lieu était désert, comme si personne ne vivait là. C’était la même chose à l’hôpital. La plupart des infirmières étaient mortes et tous les patients, sauf un enfant, avaient fui. La mère disait qu’il avait le paludisme, mais il est mort cette nuit-là. Le lendemain, les villageois sont venus à l’hôpital. Ils avaient entendu que nous étions venus de Kinshasa avec des médicaments. Beaucoup d’entre eux avaient de la fièvre et de la diarrhée. J’ai pensé qu’ils avaient peut-être la typhoïde et j’ai prélevé des échantillons de sang. Mais j’ai remarqué qu’en retirant l’aiguille du bras, le point de ponction saignait beaucoup. J’avais les doigts et les mains couverts de sang et je les ai lavés à l’eau et au savon." explique le Dr Muyembi.

A la tête du comité d’experts chargé de contenir l’épidémie

Déclarée le 1er août 2018, l’épidémie de fièvre hémorragique a fait plus de 1700 morts, principalement dans la région de Beni et Butembo (Nord-Kivu, Est). Au mois de juillet, le président Tshisekedi l'a donc nommé à la tête du comité d’experts chargé de contenir l’épidémie.

Depuis sa nommination, l'épidémiologiste a mis en place des campagnes de vaccination d'ampleur, et sensibilise les populations aux mesures d'hygiènes indispensables pour prévenir la transmission de la maladie et les résultats.

 

 

Daddy NYEMBUE



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