L'Afrique est-elle prête à accueillir les technologies du futur ? (Smart grid, domotique, cloud computing, internet des objets)

Daddy Nyembwe 16-07 à 7:25 Science

Comme partout à travers le monde, l’internet des objets, le cloud computing et le smart grid, se revelent comme étant des facteurs de croissance et de dynamisme important pour le développement de l’Afrique. Mais une question importante est de savoir si l'Afrique est réellement prête à acceuillir ces différentes technologies qui vont caracteriser le monde de demain et l'industrie du futur?

L'accès à l'énergie: principal frein

L’accès à l’énergie est l’un des facteurs clés du développement économique. Il contribue à la mécanisation nécessaire à la réduction des inefficacités, qui représentent l’un des principaux freins à la croissance et à la transformation structurelle sur l’ensemble du continent africain.

En effet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indiquait en 2017 que 590 millions d’habitants du continent africain restaient privés d’accès à l’électricité, à savoir environ 57 pourcent de la population. L’Afrique subsaharienne dispose d’importantes ressources énergétiques, notamment solaires et éoliennes, mais le niveau de l’offre énergétique reste très faible.

Il est donc indispensable d’améliorer l’accès à l’énergie des populations africaines pour que le continent puisse réaliser l’ambitieux Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté fin 2015 par les Nations unies et ainsi à accueillir les technologies du futur.


Les startups qui s'y lancent

Au Kenya par exemple, la startup Ushahidi a conçu le boitier BRCK (voir ci-dessus) qui permet de se connecter en 3G, 4G ou WiFi dans n’importe quel pays, en s’adaptant automatiquement aux infrastructures locales et de partager la connexion. Une seule carte SIM permet ainsi de raccorder jusqu’à 20 appareils au hotspot équipé d’une batterie lui permettant de fonctionner pendant 8 heures sans point d’électricité.

Le marché d'objets connectés avalués à $500 milliards sur l'ensemble du continent

A l’occasion de la conférence Cisco Connect 2014 (qui s’est tenue récemment en Afrique du Sud) le géant américain a révélé les conclusions d’une étude interne révélant que le marché de l’Internet des objets en Afrique devrait atteindre environ 500 milliards de dollars d’ici à 2025.

Les objets connectés sont de nature à avoir un impact positif sur la vie des africains car ils permettent de recueillir et d’analyser tout un tas d’informations qui font défaut à bon nombre de gouvernements africains, faute de recensement et d’un suivi scrupuleux. La plupart des administrations d’Afrique sub-saharienne ne disposent en effet que de très peu de statistiques sur leur population et/ou utilisent encore des processus de traitement de données assez peu sophistiqués.

Cependant, il existe des obstacles sérieux à une intégration optimale de l’internet des objets en Afrique, notamment en matière de connectivité, la majorité de l’Afrique n’ayant pas encore atteint une couverture réseau suffisante. (il serait intéressant de savoir si la technologie de Sigfox a un intérêt dans ce cadre). D’après David Meads, Vice-Président du groupe pour la zone Afrique :

« Connecter les terminaux ne suffira pas pour profiter de tous les avantages de l’Internet des Objets. Nous devons également connecter les gens et utiliser ces connections intelligemment. »

 

Daddy Eugène NYEMBUE 

Ingénieur en génie électrique et rédacteur web 



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