Election de Félix Tshisekedi: cette alternance qui ne manque qu'une baguette magique !

Daddy Nyembwe 08-02 à 13:34 Politique

Edito de Ben Bryant.

Malgré les multiples contestations et réserves émises par certains états entre la publication des résultats provisoires par la CENI, la prestation de serment en passant par la confirmation de la cour constitutionnelle, l'avènement au pouvoir du président de l'UDPS, fils de l'opposant historique a suscité beaucoup d'espoir non seulement auprès de ses millions d'électeurs et sympathisants mais bien au-delà. Au vu de la situation générale au lendemain de son élection, le peuple congolais vit et salue une première alternance pacifique, qui, il l'espère, va conduire au changement tant souhaiter, seulement, le peuple est gourmand et en veut beaucoup plus et dans l'immédiat

Seul contre tous !


Mise à part ses inconditionnels et ses alliés, le nouveau président va devoir travailler dans un milieu hostile, faisant face aux soubresauts et velléités de son «frère», l'autre opposant, M. Fayulu qui conteste toujours la victoire de « Fatshi » chaque jour dans une juridiction, une organisation et une stratégie différente y compris ce qu'on peut qualifier des moyens non-conventionnels, mais aussi aux égos et envies pressantes de l'ancien régime de s'accaparer de tout ou presque, quitte à faire ombre au nouveau président.

Trop des cadavres dans les placards pour lâcher si facilement !

Les hommes de Kabila n'ont pas tout à fait les mains propres et ça se voit, pas étonnant que les caciques de l'ancien régime ne veulent pas « partir » et ce, malgré les promesses du nouveau chef de l'État de ne pas faire de chasse aux sorcières.

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Telles des vraies sorcières, Kabila et son dernier gouvernement se sont illustrés de la pire de manière, d'abord l'ancien président qui signe des ordonnances à la veille de son départ, dont l'une de plus contestées est celle qui élève une vingtaine des personnalités au rang d'ambassadeur et avec tous les avantages dues, après avoir placé ses fidèles aux postes stratégiques dans presque tous les domaines, comme si cela ne suffisait pas, un décret signé par celui qui sera le tout dernier premier ministre de Kabila, accordant des avantages juteux à vie aux vice-premiers ministres, ministres, vice-ministres et autres chefs de corps après leur prestation, de quoi énerver un peuple déjà suffisamment étouffé.

Et nous alors?

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Les fonctionnaires de l'État peuvent se poser cette question, leur rémunération est dérisoire par rapport à ce que reçoit un ministre, ne serait-ce qu'en terme de frais d'installation cependant, les hommes les mieux rémunérés s'arrogent en plus des indemnités à vie sachant qu'ils laissent toutes les entreprises étatiques et paraétatiques vides et asséchées.

Le mal est profond !

Dès son arrivée au pouvoir, le président Tshisekedi fraîchement élu et « sans expérience » dans la gestion de la chose publique [...« personne n'a de l'expérience en accédant à ce poste...» disait-il lors de la remise et reprise ] fait face à une grogne sociale, la rue gronde, le peuple, son peuple demande le changement et dans l'immédiat, comme un signe que le peuple était asphyxié et étouffé au point qu'il ne pouvait même pas réclamer.

Le peuple d'abord, État des droits,... des slogans qui vont forcément inspirer et pousser ceux qui, pendant longtemps ne trouvaient pas un interlocuteur en face à se décharger, tout d'un coup, la présidence de la république ne reçoit plus de félicitations mais plutôt des doléances.

Les premières impressions sont bonnes, il y'a une odeur de rupture avec l'ancien système mais le mal est profond, les mesures préventives ne suffiront pas, il faut un état de lieu, un audit pour pouvoir déterminer la source du problème, jusqu'à 50 mois d'arriéré pour certaines entreprises, ce 18 ans de règne de Kabila a forcément laisser les traces et elles sont indélébiles.


Corseté mais différent !


Preuve d'un certain inconfort, le chef de l'État traite toutes ces situations chaudes qui lui tombe sur la table avec seul son cabinet, ou mieux son directeur de cabinet, tout passe quasi directement à la présidence et ça se passe plutôt bien : imprimant sa marque, Félix a bien géré les patates chaudes entre ses mains, il fait la différence dans la perspicacité et la clarté de ses orientations, on retiendra notamment, l'ordre explicite de mettre aux arrêts un policier qui a ouvert le feu lors d'une manifestation des étudiants de l'UNILU, quand on sait que l'UNIKIN a perdu près de 5 étudiants sans aucune réaction de cette importance, ça mérite d'être souligner.

Même les sceptiques acclament !

Le nouveau président n'a pas que des amis mais sur certains gestes il fait presque l'unanimité, à priori l'homme serait hanté par la justice, la démocratie et l'État des droits et tout le monde apprécie.

« Il est en train de faire un excellent début » estime S. Chergui, le commissaire pour la paix et la sécurité de l'Union africaine.

Le risque d'une présidence [Félix-Kabila]



Le président élu n'a que 10 pourcents des députés à l'Assemblée nationale et c'est peu pour gouverner, il va, conformément à la constitution, composer avec ses adversaires, on parle des négociations et partage de pouvoir, Félix s'en défend et parle de ‹ discussions ›, qui auront débuté après la publication des résultats provisoires, ses détracteurs crient à la conspiration, Félix a les mains liées disent certains.

Avec la configuration actuelle, la cohabitation ou coalition avec le FCC de Kabila éviterait au pays une alternance fratricide, certes, mais ne permettra au nouveau président de réaliser ce qu'il a promis au peuple congolais.


Tout est processus : pourquoi Félix n'a pas la barbe de Kabila ?

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Un peuple étranger à cette situation de passation de pouvoir qui apprend tout dans la surexcitation et l'euphorie au point que tout est inspecté au moindre détail.

Certainement porté par l'envie du changement, les spéculations vont bon train quand, par exemple on constate que pour sa première sortie à l'étranger, le nouveau président n'a pas utilisé le même avion qu'utilisait son prédécesseur!
Quand ce dernier a signifié avoir acheté la concession GLM et que le président doit se chercher une résidence pour lui ou utiliser les résidences officielles (en état de délabrement)!
Quand on le voit voyager avec ou nommer des personnes proche de l'ancien pouvoir, même si c'est par manque des ressources humaines, des soupçons surgissent, il n'aurait pas le réel pouvoir, disent certains.

Abracadabrant !

Si le nouveau président pouvait, il aurait fait appelle à une formule magique pour résoudre d'un coup toutes les préoccupations de ses compatriotes, seulement, dans la vraie vie, une telle formule n'existe pas.

Lié par ses promesses de campagne, confronté à la réalité du pays et aux enjeux du monde et du continent, Félix Tshisekedi a nécessairement besoin du temps pour ajouter sa pierre à l'édifice, le chef de l'État aura aussi besoin de l'accompagnement de tous et d'un environnement sain et propice car rien ne viendra comme par magie, il faudrait travailler et cela à tous les niveaux.

Même si les prisonniers politiques attendent encore et que les cachots de fortune de l'ANR sont toujours ouverts, le rendez-vous est pris pour les 100 jours de Fatshi à la tête du pays pour une évaluation trimestrielle.



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